C’est en 1936, dans le chantier qu’il avait ouvert dix ans plus tôt sur l’Erdre en amont du pont de la Tortière à Nantes, que Baptiste Aubin conçoit et construit pour M. Deschamps LA LORRAINE, barque de promenade à moteur en bois de 11,20m.

Le constructeur nantais de bateaux de plaisance se serait inspiré ici de l’IMPRÉVU, bateau qu’il avait réalisé en 1931, aujourd’hui remis en état et transformé que l’on peut voir à l’occasion dans son port d’attache du Crouesty.

LA LORRAINE se présentait alors vraisemblablement comme une coque simplement recouverte au fond d’un plancher et munie de bancs, gouvernée par une barre franche. C’est du moins sous cet aspect qu’elle apparaîtrait sur une carte postale des années 1950 (?), à la Trinité-sur-Mer.

Le bateau aurait été affecté ensuite dans les années 1960 au service du lamanage dans le port de Nantes. Un “plan d’ensemble” daté du 8 mai 1972 présente une “modernisation de la timonerie” qui sera réalisée en contreplaqué peint en blanc, à l’initiative du Port Autonome de Nantes – Saint Nazaire, Service des Accès, Subdivision des dragages.

C’est probablement à cette occasion que la vedette reçoit une barre à roue et le moteur qui a précédé deux motorisations successives jusqu’à l’actuelle.
On la retrouve à peu près telle quelle en 1996, quand Christophe Guittot, garagiste à Nantes, l’achète, la remet en état et la revend en 1997 à Jean-Louis Jossic.

LA LORRAINE subit de graves dommages, une nuit de tempête en 1998 à la Toussaint, alors qu’elle est amarrée en catastrophe à l’extérieur du port de Paimboeuf.
Le bateau peut cependant remonter l’estuaire de la Loire jusqu’à l’étier du Dareau à Couëron, où le chantier Fouchard se charge de la réparation de l’étrave et de plusieurs bordés.

Une initiative de restauration plus complète est entreprise sur la cale 2 de la Prairie au Duc à Nantes en 1999, mais avorte au bout de quelques mois.

La restauration est alors confiée en 2000 à l’atelier Bois Courbe à Rezé, pour une (trop !) longue mise en état dans le style des cabin cruisers des années 1930, sur un projet d’Alain Le Bouëdec qui conçoit les superstructures.

Ce n’est qu’en 2012, après retouches par Francis Baton, ébéniste de marine, que LA LORRAINE est remise à l’eau, avant d’en être à nouveau sortie pour une révision de la coque, des listons et des bordés en 2014.

À partir du printemps de 2017 et en 2018, Jacques Chéreau mène à bien une restauration totale de la vedette, la dotant d’un moteur Solé diesel neuf de 70 CV, de nouveaux matériels de navigation et y ajoutant de notoires améliorations de confort.

LA LORRAINE est mise aujourd’hui à disposition de l’association VIEILLES COQUES, VIEUX GRÉEMENTS, depuis sa fondation le 10 mars 2018.